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Intensité, tension, résistance

L’intensité du courant

Définition

L'intensité $I$ du courant électrique est le débit de charges électriques : elle indique la quantité de charges qui traverse une section du circuit chaque seconde.

  • Unité : l'ampère (A).
  • Appareil de mesure : l'ampèremètre.
  • Branchement : en série : l'ampèremètre doit être traversé par le courant.

Analogie

L'intensité est l'équivalent du débit d'une rivière : la quantité d'eau qui passe sous un pont chaque seconde.

G+−on retire un filG+−AACOMIl'ampèremètre prend la place du fil

Pour mesurer une intensité, il faut « casser » le circuit : on retire un fil et on met l'ampèremètre à sa place. Le courant y entre par la borne A et en sort par la borne COM.

Attention aux bornes et aux calibres

  • Pour une intensité, il y a souvent deux bornes possibles. On commence toujours par celle protégée par un gros fusible (10 A ou 20 A), avec le calibre correspondant.
  • Quel que soit l'appareil, on commence toujours par le plus grand calibre, puis on descend tant que la valeur lue est inférieure au calibre suivant.
  • Un « 1 » seul à gauche de l'écran signale qu'on est hors calibre : il faut remonter de calibre.

Question

On lit 0,25 A sur le calibre 10 A. Le calibre suivant indique « 200m ». Peut-on changer de borne et de calibre ?

RéponseVoir la réponse

0,25 A = 250 mA, et 250 mA > 200 mA : la valeur dépasserait le calibre. Non, on reste sur le calibre 10 A.

La tension électrique

Définition

La tension $U$ entre deux points d'un circuit traduit une différence d'état électrique entre ces deux points. C'est elle qui met les charges en mouvement.

  • Unité : le volt (V).
  • Appareil de mesure : le voltmètre.
  • Branchement : en dérivation, aux bornes du dipôle.

Analogie

La tension est l'équivalent du dénivelé d'une rivière : c'est la différence d'altitude entre deux points qui fait couler l'eau. Sans dénivelé, pas de courant ; mais un dénivelé peut exister sans que l'eau coule (un barrage fermé).

VVCOMUdipôledipôle

À retenir

On représente une tension par une flèche. Par convention, la flèche pointe vers la borne V du voltmètre.

Attention

Pour mesurer la tension aux bornes d'un générateur, vérifiez toujours que le fil est branché sur la borne V du multimètre. Branché sur la borne A, l'appareil se comporte comme un simple fil : le générateur est en court-circuit !

La résistance

Définition

La résistance $R$ d'un dipôle relie la tension à ses bornes et l'intensité qui le traverse : c'est leur rapport, $R = \dfrac{U}{I}$.

  • Unité : l'ohm ($\Omega$).
  • Appareil de mesure : l'ohmmètre.

Attention

Pour mesurer la résistance d'un dipôle, il faut le sortir du circuit et brancher l'ohmmètre à ses bornes. Un ohmmètre ne s'utilise jamais dans un circuit alimenté.

Question

Peut-on avoir une tension sans intensité ? Où ?

Question

Peut-on avoir une intensité sans tension ? Où ?

RéponseVoir les réponses
  • Tension sans intensité : oui. Aux bornes d'une pile non branchée, ou d'un interrupteur ouvert relié à un générateur : la tension existe, mais aucun courant ne passe (comme un barrage fermé).
  • Intensité sans tension : oui. Aux bornes d'un fil, d'un interrupteur fermé, d'un très bon conducteur : il suffit que la résistance du dipôle soit nulle ou quasi nulle.

En toute rigueur, la résistance n'est strictement nulle que pour un fil parfaitement conducteur, ce qui n'existe qu'avec les supraconducteurs.

Quiz

Les branchements du multimètre

score : 0 / 0

Animation interactive

Le multimètre virtuel : à vous de brancher !

Le circuit : un générateur de 6,0 V, un conducteur ohmique et une lampe. Mesurez l'intensité dans la lampe, la tension à ses bornes, puis sa résistance. Testez aussi les mauvais branchements, pour voir ce qu'ils provoquent.

Position du sélecteur sur le multimètre
Borne du fil rouge (l'autre fil est sur COM)
Branchement de l'appareil

Lois des nœuds et des mailles

La loi des nœuds

Loi des nœuds

La somme des intensités des courants qui arrivent à un nœud est égale à la somme des intensités des courants qui en repartent.

Au collège, on l'appelait « loi d'additivité des intensités ».

G+−IGILIR

Ici, la loi des nœuds s'écrit : $I_\text{G} = I_\text{L} + I_\text{R}$. Comme l'eau d'une rivière qui se partage en deux bras, le courant se partage entre les branches.

À retenir

Dans une même branche, les dipôles sont en série : ils sont tous traversés par la même intensité.

Entraînement

Appliquer la loi des nœuds

score : 0 / 0

La loi des mailles

Loi des mailles

Dans une maille comportant un générateur, la tension aux bornes du générateur est égale à la somme des tensions aux bornes des récepteurs.

Une maille est une boucle fermée du circuit. Au collège, on parlait de « loi d'additivité des tensions ».

G+−UGULUR

Ici, la loi des mailles s'écrit : $U_\text{G} = U_\text{L} + U_\text{R}$. Comme pour une rivière, le dénivelé total se partage entre les différents tronçons.

À retenir

Des dipôles branchés en dérivation entre les deux mêmes points ont la même tension à leurs bornes.

Entraînement

Appliquer la loi des mailles

score : 0 / 0

  Applet GeoGebra : loi des nœuds  ·  Applet GeoGebra : loi des mailles

Exercices

Exercice 1

Déterminer les intensités $I_2$, $I_4$ et $I_5$.

G+−I1I3I2I5I4I1 = 0,120 AI3 = 80 mAI2 = ?I4 = ?I5 = ?
RéponseVoir la correction
  1. Loi des nœuds au nœud du haut : $I_1 = I_2 + I_3$. Attention aux unités : $I_1 = 0{,}120$ A = 120 mA, donc $I_2 = 120 - 80 = 40$ mA.

  2. $I_5$ est dans la même branche que $I_3$ (en série avec le conducteur ohmique) : $I_5 = I_3 = 80$ mA.

  3. $I_4$ traverse le générateur, comme $I_1$ : $I_4 = I_1 = 0{,}120$ A. On le retrouve par la loi des nœuds au nœud du bas : $I_4 = I_2 + I_5 = 40 + 80 = 120$ mA.

Exercice 2

Déterminer les tensions $U_2$, $U_5$ et $U_6$.

G+−U1U2U3U4U5U6U1 = 6,0 VU3 = 4,2 VU4 = 3,0 VU2 = ?U5 = ?U6 = ?
RéponseVoir la correction
  1. Maille de gauche (générateur, conducteur ohmique, lampe) : $U_1 = U_2 + U_3$, donc $U_2 = 6{,}0 - 4{,}2 = 1{,}8$ V.

  2. Maille de droite (lampe, DEL, conducteur ohmique) : la lampe est en dérivation avec la branche de droite, donc $U_3 = U_4 + U_5$, d'où $U_5 = 4{,}2 - 3{,}0 = 1{,}2$ V.

  3. $U_6$ est la tension aux bornes d'un simple fil : $U_6 = 0$ V.

Caractéristique d’un dipôle

Définition

La caractéristique d'un dipôle électrique est la relation entre l'intensité $I$ du courant qui le traverse et la tension $U$ à ses bornes. Elle est généralement fournie sous la forme d'un graphique représentant :

  • soit la tension en fonction de l'intensité : $U = f(I)$ ;
  • soit l'intensité en fonction de la tension : $I = g(U)$.

Le montage pour tracer une caractéristique

G+−AACOM?VVCOMgénérateur de tension réglableG+−AACOM?VVCOMrhéostat (résistance variable)générateur fixe + rhéostat

À retenir

Pour tracer une caractéristique, on mesure en même temps l'intensité qui traverse le dipôle (ampèremètre en série) et la tension à ses bornes (voltmètre en dérivation), pour plusieurs réglages du circuit. Deux montages sont possibles :

  • avec un générateur de tension réglable ;
  • avec un générateur fixe et une résistance variable, le rhéostat, en série avec le dipôle. C'est souvent le montage préférable : le rhéostat permet de faire varier l'intensité progressivement, et il limite l'intensité qui traverse le dipôle, ce qui le protège.

  Le fonctionnement d'un rhéostat en vidéo

Animation interactive

Tracer la caractéristique d'un dipôle

Dipôle étudié :
Montage :
U = I = U/I =

Avec le générateur réglable, la DEL est protégée par un conducteur ohmique de 100 Ω : branchée seule, elle serait détruite. Pour la thermistance, l'échauffement dû au courant est pris en compte.

La loi d’Ohm

Définition

Si la tension $U_R$ aux bornes d'un dipôle est proportionnelle à l'intensité $I_R$ du courant qui le traverse, alors ce dipôle est un conducteur ohmique : sa caractéristique est une droite qui passe par l'origine, modélisée par une fonction linéaire.

Loi d'Ohm

$$U_R = R\times I_R$$

$U_R$ en volts (V)$R$, la résistance (constante), en ohms (Ω)$I_R$ en ampères (A)

Attention aux unités

Dans la loi d'Ohm, l'intensité doit être en ampères : avec $I$ = 2,0 mA = 0,0020 A et $R$ = 1 500 Ω, on trouve $U = 1\,500 \times 0{,}0020 = 3{,}0$ V.

Remarque

Un dipôle peut se comporter comme un conducteur ohmique sur une plage restreinte d'intensité, puis s'en éloigner quand l'intensité sort de cette plage : sa résistance varie alors. C'est le cas de la thermistance, qui chauffe quand l'intensité devient trop grande (voir l'animation ci-dessus).

Le point de fonctionnement

Définition

En superposant sur un même graphique la caractéristique d'un générateur et celle d'un récepteur, on peut prévoir l'intensité du courant délivré par le générateur et la tension aux bornes du récepteur : ce sont les coordonnées du point d'intersection des deux courbes, appelé point de fonctionnement du circuit.

Animation interactive

Une lampe branchée sur un générateur

point de fonctionnement :

Le générateur est idéal : la tension à ses bornes ne dépend pas de l'intensité qu'il débite. Sa caractéristique est donc une droite horizontale. Le point de fonctionnement donne la tension aux bornes de la lampe et l'intensité qui la traverse.

Les capteurs : l’exemple de la thermistance

Définition

Un capteur résistif est un dipôle dont la résistance varie avec une grandeur physique : température, éclairement, pression… La thermistance est un capteur de température :

  • pour une thermistance CTN (coefficient de température négatif), la résistance diminue quand la température augmente ;
  • pour une thermistance CTP (coefficient de température positif), elle augmente.

À retenir

Pour utiliser un capteur, il faut d'abord l'étalonner : tracer la courbe d'étalonnage qui relie sa résistance à la grandeur d'intérêt, mesurée par ailleurs avec un instrument de référence (ici, un thermomètre). On peut ensuite lire la grandeur à partir de la résistance.

Animation interactive

Étalonner la thermistance

points relevés : 0

Eau glacée à 5 °C. Allumez la plaque et relevez des points.

Pour aller plus loinD'autres capteurs autour de nous

La thermistance n'est qu'un exemple parmi de très nombreux capteurs. Beaucoup sont, comme elle, des capteurs résistifs :

  • La photorésistance (LDR) : sa résistance diminue quand elle est éclairée. Elle allume l'éclairage public à la tombée de la nuit.
  • La sonde Pt100 : un fil de platine dont la résistance (100 Ω à 0 °C) augmente de façon presque proportionnelle à la température. Plus précise qu'une thermistance, elle équipe les laboratoires et l'industrie.
  • La jauge de contrainte : un fin réseau conducteur collé sur une pièce, dont la résistance change quand la pièce se déforme. On la trouve dans les pèse-personnes et les balances électroniques.
  • Le capteur de pression piézorésistif : une membrane minuscule dont la résistance varie avec la pression. Il sert d'altimètre dans les smartphones et mesure la pression des pneus.

D'autres capteurs ne sont pas résistifs, mais transforment eux aussi une grandeur physique en signal électrique :

  • Le thermocouple : deux métaux différents soudés produisent une tension qui dépend de la température. Il mesure les très hautes températures (fours, moteurs).
  • La photodiode : elle produit un courant quand elle reçoit de la lumière. Un capteur d'appareil photo en contient des millions, une par pixel.
  • Le capteur à effet Hall : il mesure un champ magnétique. C'est la boussole de votre téléphone.
  • L'accéléromètre : une minuscule masse mobile dont on mesure le déplacement. C'est lui qui fait tourner l'écran d'un téléphone quand on le penche.

Un smartphone contient plus d'une dizaine de capteurs différents !

Bilan : mesurer une température avec un voltmètre

Pour comprendre les océans, les océanographes mesurent la température de l'eau, en surface comme en profondeur, avec un bathythermographe. Cet appareil contient un capteur électrique de température : une thermistance, dont la résistance varie avec la température.

Tout l'intérêt du dispositif est là : seule la thermistance est plongée dans l'eau, parfois à des centaines de mètres de profondeur. Le reste du circuit reste à bord, au sec. On y mesure simplement une tension, aux bornes d'un conducteur ohmique, et on en déduit, grâce aux lois de l'électricité, la température de l'eau autour de la thermistance, bien loin de là.

Comment passe-t-on de cette tension à une température ?

Le montage du bathythermographe est représenté ci-dessous. La DEL, associée à un conducteur ohmique de protection $R_P$, joue le rôle d'afficheur : plus l'eau est chaude, plus elle brille. Armés de la caractéristique de l'association DEL + $R_P$ et de la courbe d'étalonnage de la thermistance, on va remonter étape par étape de la tension $U_{R_0}$ mesurée par le voltmètre à la température de l'eau dans laquelle baigne la thermistance.

Animation interactive

De la tension mesurée à la température de l'eau

    caractéristique de l'ensemble DEL + RP
    courbe d'étalonnage de la thermistance

    Valeurs de l'exemple : générateur de 10,0 V, $R_0$ = 1 500 Ω, $R_P$ = 1 kΩ, thermistance CTN de 1 500 Ω à 25 °C. On néglige ici l'échauffement de la thermistance par le courant : plongée dans l'eau, elle est bien refroidie. En TP, ce léger échauffement explique que la résistance calculée soit un peu plus faible que celle mesurée à l'ohmmètre.