Le son est une vibration qui se déplace de proche en proche dans un milieu matériel.
Joseph Fourier (1768-1830) a montré que tout signal périodique peut se décomposer en une somme de sinusoïdes.
Un son pur est une vibration sinusoĂŻdale. C’est un signal ne contenant qu’une seule frĂ©quence.
Le son correspondant Ă une note jouĂ©e par un instrument de musique nâest pas un son pur, mais le signal sonore $s$ qui lui est associĂ© a la particularitĂ© dâĂȘtre pĂ©riodique ($s(t+T)=s(t)$ oĂč $T=1/f$ est la pĂ©riode du signal et $f$ sa frĂ©quence, exprimĂ©e en hertz). On parle de son composĂ©.
Un son composĂ© (reprĂ©sentĂ© par une fonction pĂ©riodique) rĂ©sulte de la combinaison de sons purs (associĂ©s Ă des sinusoĂŻdes) dont les frĂ©quences sont toutes multiples de lâune dâelles, appelĂ©e la frĂ©quence fondamentale. La frĂ©quence fondamentale $f$ est perçue par lâoreille comme Ă©tant la frĂ©quence du son. Câest pourquoi elle est encore appelĂ©e hauteur du son. Lâensemble des frĂ©quences $f$, $2f$, $3f$,.. et des amplitudes associĂ©es constitue le spectre du son.
Pour la plupart des instruments, les diffĂ©rentes frĂ©quences d’un son musical naissent des diffĂ©rentes possibilitĂ©s qu’une onde a de rĂ©sonner dans une cavitĂ© de longueur donnĂ©e. C’est ainsi que le registre d’un instrument dĂ©pend de sa taille.
La cavitĂ© rĂ©sonnante peut ĂȘtre une colonne d’air comme dans les instruments Ă vent ou une corde comme dans les instruments… Ă cordes.
Dans le cas d’une corde, deux autres paramĂštres que la longueur permettent de joueur sur la hauteur du son (activitĂ© corde).
Dans l’applet suivant, la note bleue est un La. Essayez, en dĂ©plaçant la frĂ©quence de la note rouge, de trouver une note qui “sonne” de maniĂšre tellement similaire Ă la note bleue qu’on a envie de l’appeler La elle aussi. Pour trouver une critĂšre “physique” de proximitĂ©, vous pourrez vous aider du phĂ©nomĂšne qu’on obtient lorsque les deux notes ont une frĂ©quence trĂšs proche.
La dĂ©composition dâun son composĂ© en somme de sons purs de frĂ©quences multiples de la frĂ©quence fondamentale permet dâexpliquer pourquoi certains sons produits simultanĂ©ment sont agrĂ©ables Ă lâoreille ; on dit alors quâils sont consonants.
Plus les spectres de deux sons ont de fréquences en commun, et plus il apparaissent consonants.
On remarque que le meilleur recouvrement est obtenu lorsque le fondamental du deuxiÚme son a une fréquence double ou moitié par rapport au fondamental du premier son (une fréquence sur deux du spectre est commune).
Le deuxiĂšme son est alors dit Ă l’octave par rapport au premier.
Les deux notes sont considérées comme identiques.
Lâoreille humaine est capable de percevoir des sons dont la frĂ©quence est comprise entre 20 Hz et 20 000 Hz. DĂ©terminer le nombre de Do diffĂ©rents audibles par lâoreille humaine sachant que la hauteur (frĂ©quence) du Do 0 est de 33 Hz.
La note la plus basse dâun piano a une frĂ©quence de 27,5 Hz et la note la plus haute a une frĂ©quence dâenviron 4 186 Hz. Combien y a-t-il dâoctaves dans un piano ?
Si le fondamental du deuxiĂšme son a une frĂ©quence triple par rapport au premier (ou Ă1,5 en ramenant Ă l’octave prĂ©cĂ©dent), on recouvre une frĂ©quence sur trois. La note du deuxiĂšme son correspond alors Ă la quinte de la note du premier son.
Ce son est suffisamment diffĂ©rent pour que la note puisse ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme distincte de la premiĂšre.
On a jusque là deux notes : la note de départ et sa quinte. Comment en obtenir de nouvelles ?
Il suffit de prendre la quinte de la quinte, puis la quinte de la quinte de la quinte, etc.
Ă chaque fois, on obtient la quinte en multipliant la frĂ©quence de la note prĂ©cĂ©dente par 3 et pour garder toutes nos notes Ă l’intĂ©rieur d’une mĂȘme octave, on divise autant de fois que nĂ©cessaire par 2 pour que la frĂ©quence finisse dans l’intervalle $[f_1,2f_1]$ oĂč $f_1$ est la frĂ©quence de la note 1.
Finalement chaque nouvelle note sera de la forme $f_1\times\frac{3^m}{2^n}$.
Un algorithme permettant d’obtenir les diffĂ©rentes notes est donnĂ© par le diagramme ci-dessous.

ComplĂ©ter l’implĂ©mentation Python ci-dessous donnant les 55 premiĂšres notes obtenues en complĂ©tant les pointillĂ©s.
Lorsqu’une note obtenue est proche d’une note dĂ©jĂ prĂ©sente, on peut “refermer” la gamme en ne gardant que les notes obtenues jusque lĂ . On construit ainsi la gamme de Pythagore.
On remarque ainsi que la $12^e$ note correspond approximativement à la note de départ ($f=1$).
En effet : $3^{12}\approx 2^{19}$. On dit alors que le cycle des quintes reboucle (mĂȘme si imparfaitement) incitant Ă dĂ©couper l’octave en 12 notes.
Presque tous les instruments occidentaux sont construits pour pouvoir reproduire la gamme chromatique faite de 12 notes séparées par des demi-tons.

On peut aussi décider de refermer la gamme à la $5^e$ quinte. Cela boucle moins bien mais on obtient alors une gamme qui semble universellement répandue sur Terre : la gamme pentatonique.
En refermant Ă la $7^e$ quinte, on obtient la gamme diatonique faite de 5 tons et 2 demi-tons Ă partir desquels on peut obtenir les noms des notes (touches blanches du piano).
Qui “boucle le mieux” entre la gamme pentatonique et la gamme diatonique ?
Enfin, une gamme Ă 53 niveaux boucle si bien qu’elle sert de base en thĂ©orie musicale. Des notes comme Do⯠et RĂ©â n’y’ sont plus confondues.
Dans la gamme de Pythagore (Ă 5,7 ou 12 notes), lâune des quintes nâest pas pure (sa valeur a Ă©tĂ© choisie pour arrĂȘter le cycle alors quâon ne rebouclait pas exactement sur 1).
Prouver par l’absurde que $\frac{3^n}{2^m}\neq 2$, quels que soient les entiers $n$ et $m$.
Cette quinte, appelĂ©e la quinte du loup parce quâelle rappelle le hurlement du loup, nâest pas consonante avec les autres (elle sonne faux).
LâĂ©cart entre la quinte du loup et les autres quintes est appelĂ© comma pythagoricien (reprĂ©sentĂ© en vert ci-dessous). Pour contourner cette difficultĂ©, les compositeurs choisissaient de positionner la quinte du loup dans le cycle sur un intervalle peu utilisĂ© dans leur composition musicale.

La figure prĂ©cĂ©dente fait apparaĂźtre deux types d’intervales entre deux notes consĂ©cutives. On dit que les gammes de Pythagore sont Ă tempĂ©raments inĂ©gaux.
Lâexistence de ces deux types dâintervalle pose problĂšme pour la transposition dâun morceau de musique, qui consiste Ă dĂ©caler dâun intervalle fixe toutes les notes de ce morceau afin de lâadapter Ă la tonalitĂ© des instruments ou de la voix.
Rq : l’apotome fait quasiment 5 commas et le limma 4, ce qui donne 53 commas par octave.
L’idĂ©e est de moyenner les deux types d’intervalle pour n’avoir plus qu’un seul facteur multiplicatif entre deux notes. On parle alors de gamme au tempĂ©rament Ă©gal.
Pour y parvenir, on va prendre soin de conserver un facteur 2 parfait entre une note et son octave. On découpe ensuite cette octave en un intervalle unique $x$, appelé demi-ton tempéré, de telle sorte que $x^{12}=2$.
Par tĂątonnement et Ă lâaide dâune calculatrice, trouver un encadrement Ă $10^{-2}$ prĂšs du demi-ton tempĂ©rĂ© $x$.
ComplĂ©tez l’algorithme suivant permettant d’obtenir une valeur approchĂ©e Ă $10^{-k}$ prĂšs du demi-ton tempĂ©rĂ© $x$ par balayage.
L’opĂ©ration mathĂ©matique permettant d’obtenir $x$ est la racine douziĂšme de 2 : $\sqrt[12]{2}$. On peut aussi Ă©crire $2^{\frac{1}{12}}$ de façon Ă ce que $x^{12}=(2^{\frac{1}{12}})^{12}=12$.
Expliquer pourquoi le ton tempéré est le carré du demi-ton tempéré. Calculer une valeur décimale approchée à $10^{-2}$ prÚs du ton tempéré.
Sachant que la quinte tempérée est égale à sept demi-tons tempérés, la calculer et la comparer à la quinte pure.
MoralitĂ©, dans la gamme tempĂ©rĂ©e, toutes les quintes sont un peu fausses (mais trĂšs peu). C’est le prix Ă payer pour corriger les deux inconvĂ©nients de la gamme pythagoricienne :
Le dĂ©coupage de l’octave de la gamme tempĂ©rĂ©e est dit gĂ©omĂ©trique dans le sens oĂč on avance d’un niveau Ă l’autre via des multiplications plutĂŽt que par des additions (la progression ne serait alors plus gĂ©omĂ©trique mais arithmĂ©tique ou linĂ©aire).
RĂ©sultat : les frĂ©quences correspondant aux notes de la gamme tempĂ©rĂ©e ne sont pas rĂ©guliĂšrement rĂ©parties sur une Ă©chelle linĂ©aire (oĂč un carreau a toujours la mĂȘme valeur).
Plus globalement, nos capteurs sensoriels partagent cette sensibilité géométrique aux stimuli extérieurs ; ils ne graduent pas en variations absolues égales mais en variations relatives égales.
On perçoit par exemple la mĂȘme diffĂ©rence de niveau sonore lorsqu’une trompette est rejointe par une autre trompette, que lorsque 8 trompettes se joignent Ă 8 autres.
L’Ă©chelle utilisĂ©e pour le niveau sonore traduit bien cette sensibilitĂ© aux variations relatives puisqu’on a dans les deux cas la mĂȘme augmentation de 3 dB.